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Depuis le 1er mai 2004, l’Europe à 25 constitue, avec 453 millions de citoyens, le plus vaste ensemble institutionnel jamais construit en temps de paix. Malgré le succès incontestable que constitue cette « nouvelle Europe » politique, héritière de la volonté commune exprimée il y a 50 ans par les Français et les Allemands de tirer un trait sur des décennies de haine, la plupart des citoyens européens, et bien souvent les plus jeunes d’entre eux, sont souvent perplexes voire même hostiles à une Europe en phase d’expansion dont ils ne perçoivent clairement ni l’intérêt dans leur vie quotidienne ni la nécessité pour l’équilibre mondial. Les élections européennes de 2004 n’ont pas beaucoup mobilisé les citoyens européens, contrairement aux référendums sur le projet de Constitution organisés en France et aux Pays-Bas qui ont soulevé les passions mais se sont soldés par un « non » retentissant. Ces rendez-vous démocratiques de 2004 et 2005 soulignent la fragilité de l’architecture institutionnelle de l’Union et mettent en exergue le fossé qui sépare les citoyens européens de ceux qui construisent l’Europe et qui sont perçus comme étant trop éloignés des réalités quotidiennes et insensibles aux aspirations légitimes des peuples. L’Europe est pourtant plus que jamais une réalité quotidienne pour ses habitants. Il est donc important d’ancrer en profondeur la réalité d’une Europe démocratique forte et unie, seul moyen d’assurer à l’ensemble de ses concitoyens prospérité et sécurité durables. Il faut pour cela mener un vaste travail pédagogique, à l’échelle du continent, et mobiliser tous les acteurs de la société civile, et singulièrement les jeunesses des 25 pays, sur deux objectifs clairs : - expliquer l’Europe et la faire aimer à ceux qui y vivent ; - aider à l’émergence d’une identité européenne commune fondée sur des valeurs partagées, en aidant les pays récemment intégrés et en nouant des liens étroits avec les pays méditerranéens. C’est pour relever ce double défi qu’une poignée de jeunes Européens convaincus (Français, Allemands, Polonais, Luxembourgeois, Hongrois…) a décidé de créer Jeunes Décideurs Europe Young Leaders, association de droit français à direction collégiale européenne. Mieux expliquer l’Europe aux citoyens Fondée en 2004, cette association européenne a réellement commencé à faire parler d’elle au printemps 2005, à l’occasion du débat sur le traité constitutionnel organisé en France. Très présente à cette occasion, dans les universités et les grandes écoles comme au sein des différents réseaux de jeunes Européens, le point d’orgue de son action a été l’organisation d’un débat très médiatisé à la Sorbonne, à l’occasion de la Journée de l’Europe, le 9 mai, autour de Michel Barnier, ministre français des affaires étrangères, Miguel Moratinos, son homologue espagnol, et Daniel Cohn-Bendit, président des Verts au Parlement Européen. Le débat passionné qui s’est déroulé ces derniers mois en France et aux Pays-Bas doit également s’étendre aux autres pays de l’Union. Plus qu’un défi, c’est une chance pour l’Europe que de voir ses citoyens s’intéresser à ses institutions. L’Union Européenne a probablement atteint sa taille critique et doit accepter que ceux qui en font la richesse, ses femmes et ses hommes, s’interrogent sur son avenir et souhaitent, parallèlement, réfléchir à son évolution et s’investir dans son fonctionnement. Forger une identité commune, faciliter l’intégration des nouveaux membres et associer ses voisins L’Europe n’a jamais parlé officiellement de ses frontières. Destinée à l’origine à réconcilier des peuples qui n’avaient cessé de s’entredéchirer, la construction de l’Europe n’a jamais été conçue, dans l’esprit de ses fondateurs, comme le moyen de se protéger des autres, bien au contraire. Et jamais l’adhésion d’un pays n’a été subordonnée à l’adoption de critères restrictifs. Seul l’article 49 du Traité sur l’Union aborde ce sujet, en des termes très vagues : « tout Etat européen qui respecte les principes énoncés à l’article 6 peut demander à devenir membre de l’Union ». Aujourd’hui, près de 50 ans après la signature du Traité de Rome, l’Europe institutionnelle se compose de 25 Etats auxquels se joindront très bientôt la Roumanie et la Bulgarie. Le dernier élargissement, intervenu le 1er mai 2004, s’est produit dans la discrétion la plus absolue et sans que l’opinion publique européenne y ait été le moins du monde associée. Aujourd’hui, un certain nombre d’interrogations se font jour, accompagnées de multiples inquiétudes dont le débat sur le projet de Constitution a fourni le cadre. Car on ne fonctionne pas de la même manière à 6 ou à 10 qu’à 25 ou à 27. Au défi institutionnel s’ajoute désormais la nécessité de forger une identité commune aux 25 peuples de l’Union en leur faisant partager les valeurs de liberté, de tolérance et de solidarité qui sont le ciment de notre société européenne. Il faut donc favoriser la coopération et les échanges entre les citoyens et les acteurs de la société civile des différents pays afin de transcender des visions purement nationales. Mais cet effort essentiel doit se réaliser sans pour autant laisser sur le bord du chemin ceux qui ont pris l’Union Européenne pour modèle et qui aspirent à la rejoindre un jour ou à s’en rapprocher. Le formidable mouvement de libération politique et sociale engagé en Géorgie en 2003, en Ukraine en 2004 et en Moldavie plus récemment doit se poursuivre et s’amplifier. Les efforts accomplis par la Russie pour se rapprocher des standards démocratiques européens, même s’ils paraissent parfois trop modestes, doivent eux-aussi être encouragés. C’est l’honneur de l’Europe, berceau de la démocratie, que de fournir à ses voisins un cadre d’échange et de coopération à la hauteur des espoirs que leurs peuples ont placé en elle. Et c’est son devoir d’œuvrer à la consolidation des acquis démocratiques, de soutenir les processus de démocratisation déjà engagés et de défendre les droits de l’Homme dans ces Etats. Jeunes Décideurs Europe Young Leaders compte œuvrer au rapprochement des peuples de l’espace européen à travers des actions concrètes et communes impliquant les jeunes acteurs de la société civile des pays concernés. Actions Pour atteindre ces deux objectifs, Jeunes Décideurs Europe Young Leaders travaille à : - l’organisation de séminaires de formation destinés aux futurs responsables politiques, économiques, culturels et sociaux des démocraties émergentes du continent européen et des pays méditerranéens. Ces séminaires, qui prendront la forme de voyages d’études d’une dizaine de jours organisés en France ou en Allemagne, concernent étudiants, responsables associatifs, journalistes, jeunes fonctionnaires et élus, et peuvent être complétés par des stages dans des entreprises (grands groupes ou PME-PMI, organes de presse…), dans des institutions politiques et administratives (Assemblée Nationale, Sénat, collectivités territoriales…) ou des associations ; - la réalisation de programmes d’échanges universitaires d’excellence et le soutien à la mobilité des jeunes chercheurs entre pays européens ; - la mise en place d’un partenariat culturel étroit avec les peuples d’Europe et ceux de l’est et du sud de la Méditerranée et la promotion du dialogue des cultures européennes et méditerranéennes à travers l’organisation de manifestations. A cet effet, Jeunes Décideurs Europe Young Leaders met actuellement en place à Beyrouth une structure-partenaire qui sera animée par de jeunes méditerranéens ; - la mise en œuvre de projets d’éducation informelle (stages de formation au français d’étudiants européens non ou peu francophones…) ; - la création d’un réseau d’acteurs de la société civile européenne. La prédominance nationale actuelle constitue un frein important à la construction d’une identité européenne commune. L’établissement de partenariats étroits, binationaux et multinationaux, avec des structures semblables à Jeunes Décideurs Europe Young Leaders, est un impératif ; - la participation au débat d’idées sur l’avenir de l’Europe, à travers des rencontres communes, et en contact étroit avec les instances politiques communautaires ; - le lancement d’un blog (effectif au 1er juillet 2005) destiné à nourrir le débat sur l’avenir de l’Europe et la mise en place d’une véritable démocratie participative communautaire ; la création d’un site Internet (mis en ligne le 1er septembre 2005) destiné à relayer les actions de Jeunes Décideurs Europe Young Leaders et de ses partenaires